Petteia

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La Petteia et les jeux de pions de la Grèce antique

Les textes et les objets antiques témoignent de jeux de pions en Grèce. Ils ne nous livrent pas un règlement complet. Voici les indices sur lesquels s’appuie notre version, et les choix modernes qui les complètent.

Un nom pour des jeux de pions

Le vocabulaire grec des jeux est fluctuant : petteia et les mots de la famille de pessoi renvoient aux pions et aux jeux de pions. Il faut se garder d’y voir le nom d’une seule règle identique partout et à toutes les époques.

Ce qu’en disent les auteurs anciens

Homère : des joueurs devant le palais

Au chant I de l’Odyssée, les prétendants de Pénélope jouent devant les portes du palais d’Ulysse. Le passage atteste une pratique de jeu, sans expliquer ses règles. La traduction anglaise d’A. T. Murray emploie le mot « draughts » ; cela ne permet pas d’identifier ce jeu aux dames modernes.

Homère, Odyssée, chant I · traduction anglaise de Murray (1919) ↗

Platon : l’image du joueur bloqué

Dans la République (VI, 487b–c), Adimante rapproche la difficulté à répondre à Socrate de celle de joueurs malhabiles qui finissent bloqués face à un adversaire expérimenté. Cette comparaison éclaire l’importance de l’habileté et du blocage, sans préciser le plateau ni les déplacements.

Platon · texte français et grec ↗

Polybe : isoler et encercler

Les Histoires (I, 84) rapprochent les manœuvres d’Hamilcar de celles d’un joueur habile. L’analogie évoque une tactique d’isolement et d’encerclement ; elle ne constitue pas une règle complète du jeu.

Polybe · texte français et grec ↗

Pollux : le jeu de la cité

Dans son étude de 1995, Roland May rapporte la description de la polis, « cité », donnée par Pollux : des pions de deux couleurs s’affrontent et la prise se fait par encadrement entre deux pions adverses. Nous citons ici Pollux d’après May, et non d’après une nouvelle traduction directe du grec.

Roland May, Les jeux de table en Grèce et à Rome (1995), p. 56–57 ↗

Ce que montrent les fouilles

Jetons et supports de jeu constituent des indices matériels. L’étude de Despina Ignatiadou sur la Grèce du Nord examine ces vestiges et leurs contextes. Un plateau, à lui seul, ne donne ni les mouvements, ni les conditions de victoire. L’identification d’un objet et l’attribution d’une règle doivent rester distinctes.

Lire la synthèse française et consulter l’étude originale en anglais ↗

D’autres jeux antiques

Le jeu grec des cinq lignes (pente grammai) est distinct des jeux d’encerclement. Le projet universitaire Locus Ludi propose des reconstitutions de plusieurs jeux antiques, dont les cinq lignes et les latroncules romains, en expliquant les lacunes des sources. Leur existence rappelle que l’Antiquité a connu plusieurs familles de jeux.

Locus Ludi · jeux antiques et reconstitutions ↗

Les choix de notre reconstitution

La capture par encadrement et la notion de blocage ont des appuis dans les sources. En revanche, nos plateaux de 6 × 6 et 8 × 8, les rangées de départ, les déplacements rectilignes sur plusieurs cases, les seuils de victoire et les règles de nulle sont les choix de cette version moderne.

Le jeu proposé sur Petteia.fr ne prétend donc pas restituer à l’identique un jeu grec précis. Il donne l’occasion de jouer, de comparer les témoignages et de comprendre comment se construit une reconstitution.

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Sources consultées le 1er novembre 2026. Les sources s’ouvrent dans un nouvel onglet. Une synthèse française accompagne l’étude archéologique ; elle n’en est pas une traduction intégrale.